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Contrats

Freelance : faut-il céder les prompts, fichiers source et automatisations IA au client ?

Prompts, fichiers source, scénarios Make ou assistants IA : définissez ce que vous livrez, cédez et facturez à vos clients.

Par Julien Morel 7 min de lecture
Freelance : faut-il céder les prompts, fichiers source et automatisations IA au client ?

Non, vous n’avez pas à céder par défaut vos prompts, fichiers de travail ou automatisations IA. Distinguez le résultat vendu de votre méthode de production, puis prévoyez une option chiffrée si le client veut reprendre, modifier ou héberger le système de façon autonome.

Cette distinction évite les demandes floues de « tous les fichiers ». Sans périmètre écrit, le désaccord porte à la fois sur ce qui doit être remis, sur les droits d’usage et sur le prix.

Définir ce qui est livré

Dans chaque offre, séparez les éléments que le client utilisera de ceux qui servent à produire ou maintenir le résultat. Les appeler tous « fichiers source » ne permet pas de décider ce qui est inclus.

  • Le résultat livré : textes validés, site déployé, tableau de bord, visuels exportés ou assistant configuré.
  • Les fichiers de travail : fichiers Figma, code source, feuilles intermédiaires, bases de tests ou bibliothèques de composants.
  • Les instructions et prompts : prompt système, modèles de requêtes, règles éditoriales, documentation de paramétrage et jeux d’exemples.
  • L’automatisation opérationnelle : scénario Make ou Zapier, webhooks, connecteurs, variables, comptes, clés API et procédure de maintenance.

Un prompt peut dépendre des données, du contexte et des contrôles qui l’entourent. De même, remettre un scénario automatisé sans documentation, transfert des accès ni vérification des données traitées peut être risqué ou peu utile.

Choisir le bon cadre

La licence d’usage permet au client d’exploiter le livrable sans lui remettre toute votre méthode. Précisez l’usage autorisé, les utilisateurs, la durée éventuelle et les limites de redistribution ou de modification.

La cession de droits patrimoniaux convient lorsqu’un client doit exploiter, adapter ou faire reprendre une création protégée, comme du code, une interface ou une documentation originale. En droit français, elle doit décrire distinctement les droits cédés et délimiter leur étendue, leur destination, leur territoire et leur durée, conformément à l’article L131-3 du Code de la propriété intellectuelle.

Évitez la formule vague « propriété totale ». Le droit moral de l’auteur ne se cède pas en France, et un prompt ou une méthode ne bénéficie pas automatiquement d’une protection par droit d’auteur : son caractère original et les circonstances comptent. La confidentialité contractuelle peut donc mieux protéger une méthode qui n’est pas livrée.

Le transfert opérationnel concerne la maîtrise technique du système : export du scénario, migration vers le compte du client, documentation, changement des clés API et recette. Les comptes, abonnements et licences de Make, OpenAI, Zapier ou d’autres éditeurs restent soumis à leurs conditions ; ne promettez pas le transfert d’un compte avant de l’avoir vérifié.

Prévoir une reprise complète

Proposez une offre standard et une option de réversibilité. L’offre standard répond au besoin métier ; l’option permet au client d’internaliser le système ou de le confier à un autre prestataire avec un périmètre connu.

  • Offre standard : résultat final, accès utilisateur défini, formation courte éventuelle et support.
  • Option sources et documentation : éléments nommément listés, format de remise, droits accordés et exclusions.
  • Option migration : transfert sur les comptes du client, remplacement des accès, tests, corrections limitées et date de fin de responsabilité.

Ne facturez pas cette option au seul temps d’export. Elle peut inclure le nettoyage des données, la documentation, la sécurisation des accès, les tests et la recette ; une exclusivité ou un droit de revente peut aussi limiter vos usages futurs.

Clause à adapter

Le forfait comprend la livraison de [résultat précisément décrit] et un droit d’utilisation pour les besoins internes de [client]. Sont exclus, sauf option chiffrée : les fichiers de travail, prompts, bibliothèques, scénarios d’automatisation, clés API, comptes tiers et documentation technique. L’option [nom] comprend : [liste], remise au format [format], ainsi que [droits cédés ou licence]. Les abonnements, comptes et services tiers restent à la charge du client selon leurs conditions applicables.

Adaptez cette clause à votre situation et faites relire les contrats importants par un professionnel du droit. Si l’automatisation traite des données personnelles, prévoyez aussi les rôles, les accès et les mesures de sécurité ; la CNIL rappelle les principes généraux du RGPD applicables aux traitements de données.